Les objectifs de l’UNESCO et ceux de la plupart des Etats à travers des slogans tels que : « Education pour tous »  « Education de qualité »  «Education de base », restent pour beaucoup de simples discours, quand on sait que l’écriture et la lecture demeurent un défi mondial tant pour l’éducation formelle que pour l’éducation non formelle (dans les écoles et dans les centres d’alphabétisation).

De fait, les efforts consentis par l’UNESCO et les Etats à travers le monde, sont loin de résoudre les problèmes et manquements liés aux techniques ou solutions efficaces pour permettre de relever ce défi mondial de l’éducation de base.

En ce qui concerne l’écriture, discipline faisant partie des fondamentaux pour les écoles maternelles, primaires et les centres d’alphabétisations, le constat douloureux de la baisse sensible du niveau de nos enfants fait l’unanimité. Les élèves du Sud tout autant que ceux du Nord, éprouvent au fil des ans des difficultés à former des lettres lisibles.

Le phénomène est d’autant plus alarmant qu’en Afrique, pendant que certains pays du nord comme les USA, la Finlande renoncent à l’utilisation du clavier pour prendre note, cette baisse  s’ajoute aux problèmes d’ordres structurels, à savoir le manque d’équipements pédagogiques utiles à la formation, le manque d’infrastructures et l’écart galopant de la fracture numérique entre les pays du sud et ceux du nord.

L’écriture, est en effet au centre du processus de l’apprentissage, gage d’une vie scolaire et socio-professionnelle épanouie. Pour l’heure, on est bien loin de cette visée de l’éducation.  Dans son rapport 2018 sur le développement publié en Septembre 2017, la Banque mondiale tire la sonnette d’alarme. L’institution de Breton Woods fait l’amer constat d’une crise généralisée de l’apprentissage dans le monde et précisément dans les pays pauvres. Pour arriver à cette conclusion, l’institution financière a mené une enquête auprès de nombreux établissements scolaires primaires du monde. Au Kenya ou en Ouganda par exemple, lorsqu’on a demandé aux enfants de troisième année du primaire de lire en anglais ou en Swahili une phrase du genre « le nom du chien est Fido », ¾ ne pouvaient non seulement pas lire la phrase mais ne pouvaient également pas comprendre ce que cela voulait dire. Si l’anecdote fait froid au dos, des cas bien plus inquiétants sont enregistrés dans nos sociétés au quotidien. Il n’est pas rare de voir un élève du cours moyen première ou deuxième année, et parfois même du collège, incapable d’écrire et de lire un cours qu’il a pris la peine de recopier. La scène est devenue banale, on en rit même souvent. Pourtant, les conséquences sont incommensurables pour nos sociétés. Le taux d’analphabètes dans certains pays en Afrique est de l’ordre de 80%.  De telles situations peuvent à l’avenir entraver toute opération de recherche d’un emploi stable et bien rémunéré. Car sans la maîtrise de l’écriture et partant de la lecture, les savoirs ne sauraient être assimilés et restituer avec pertinence dans le travail à la vie adulte. Les jeunes enfants déjà défavorisés par la pauvreté, le seraient encore au moment de dénicher un poste dans une entreprise. Des études ont révélé que les résultats scolaires des élèves dépendent en partie de leur capacité à exprimer de façon claire, lisible et aérée leurs idées sur les copies d’examen et de devoir.

Le contexte actuel, marqué par la mondialisation, semble porter un coup aux multiples efforts consentis par les enseignants et les  parents. Les ordinateurs et autres outils numériques ont envahi notre quotidien et avec eux l’usage des caractères presque identiques qu’ils nous offrent. La réalité douloureuse est que le tapuscrit semble damer le pion au manuscrit. La propension des jeunes au texto, plutôt qu’à l’écriture des lettres conventionnelles en est une preuve. Ce désastre, ce meurtre sourd mais angoissant est d aussi en partie à l’arrivée galopante du numérique surtout pour les pays du sud qui ne parviennent pas à s’arrimer a cette mondialisation a deux vitesses.

De nombreux Etats en ont pris la mesure. Aux Etats-Unis par exemple, 42 Etats ont simplement banni la cursive considérée trop complexe et abstraite pour l’apprentissage des enfants,  pour privilégier l’écriture script et celle produite par les terminaux numériques, d’où la question sur le risque de l’abandon de l’écriture manuscrit. D’autres Etats par contre, et notamment ceux du Sud, peinent à réaliser que le mal est profond.  Comment inverser la tendance ? Comment faire réaliser à l’éducation sa visée ultime, à savoir une éducation de qualité pour tous, et celle d’éliminer la pauvreté dans le monde ?

Sans prétendre avoir trouvé la solution miracle, la formule magique passe-partout, nous proposons à la communauté éducative la méthode Florès Gong-Nota. C’est le résultat d’une longue période de réflexion, doublée de recherches et d’analyse des pratiques d’apprentissage de l’écriture en vigueur dans nos établissements. Malgré la volonté des enseignants, il nous a paru difficile d’atteindre les résultats escomptés, tant l’apprentissage de l’écriture ne reposait sur aucune méthode pédagogique et scientifique comme les autres disciplines. Exemple fait des mathématiques : En adition ou multiplication, 2+2=4 et jamais ne sera égale à 3,5 ou 4,5. Conclusion, les opérations sont concrètes et méthodiques, malheureusement en écriture, l’apprentissage reste essentiellement basée sur de l’abstrait, et sans métalangage, sans démarche cohérente, concrète et pédagogique. Ce qui inhibe tout effort de compréhension de l’apprenant, car les  jeunes ont horreur de l’abstrait.

La méthode Florès Gong-Nota plus concrète, s’articule autour de quatre familles des signes : La famille des traits, la famille des courbes fermées ou ronds, la famille des crochets et le point. Ces quatre familles des signes permettent d’obtenir, dans la phase dite combinatoire, toutes les lettres de l’alphabet en majuscule et en minuscule, mais également les chiffres ainsi que les représentations graphique des objets. Elle a le mérite de traduire à travers une démarche pédagogique adaptée aux reflexes cognitifs des cerveaux encore en développement de nos enfants, un apprentissage qui était resté jusqu’à lors fastidieux et abstrait. A l’aide des multiples supports sur lesquels nous avons développé une pratique ludique de l’apprentissage, basé sur la combinaison des signes, l’apprenant peut s’exercer à l’apprentissage de l’écriture tout en se divertissant, d’où le slogan avec la méthode flores Gong Nota : « Ecrire devient un jeu ».

Conscient de ce que notre méthode nait dans un environnement marqué par la nécessité d’une éducation inclusive et de celle d’une éducation en situation d’urgence, nous sommes en train de développé un programme d’apprentissage basé sur la reconnaissance des signes, pour permettre aux non et malvoyants d’écrire, ainsi que pour les personnes DPI et réfugiés en situation des besoins spéciaux .

Mais il est un fait indéniable. De nombreuses personnes ont évolué avec leurs difficultés à écrire. Pour ceux-là, malheureusement, écrire, former des lettres est devenu une pilule amère, une frayeur, une maladie. Pour pallier le problème, nous avons mis sur pied des activités de graphothérapie, afin de faciliter la prise en main de toute personne jeune ou adulte qui écrit mal.

L’aspect scientifique et innovant de cette méthode a été validé au cours d’une conférence donnée en février 2017 à Yaoundé au Cameroun, devant près d’une centaine de chercheurs et pédagogues du ministère de la Recherche scientifique et de l’Innovation. Elle a également été présentée à l’Unesco, organisation dont les experts en ont jugé de la pertinence, avant de recommander sa large diffusion. Aujourd’hui, à travers séminaires et conférences d’abord au Cameroun, pays dans lequel la méthode a été testée pour la première fois, ensuite en Afrique et bientôt dans quelques pays occidentaux, nous nous efforçons de la vulgariser au sein des établissements scolaires. Pour le cas du Cameroun, aujourd’hui plus de 8000 écoles pratiquent cette méthode. De plus en plus, des établissements scolaires (primaires et secondaires) et des centres d’alphabétisations nous  font appel  pour des séminaires de formation.

Des outils didactiques d’accompagnement tels des puzzles, ardoises magnétiques et des applications numériques ont étés conçus.

Nous nous réjouissons au reste d’un fait, celui d’avoir jeté les bases d’une recherche pédagogique élaborée et scientifiquement approuvée et pratiquée, sur la base d’une démarche méthodologique d’apprentissage plus concrète et cohérente de l’écriture.

Nous formulons le vœu que ce travail incite d’autres chercheurs et psychopédagogues d’ici et d’ailleurs à s’engager dans ce vaste champ encore en friche, mais dont l’horizon pourrait s’éclaircir, pour le grand bonheur des enfants et autres apprenants Africains.

SEMBENE Ousmane disait : « C’est à nous Africains de créer nos valeurs et de les transportées vers d’autres monde »

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